Les objections, une par une

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« C’est irréaliste. » « Les riches partiront. » « Et la dette ? » Je les entends. Je les attends même. Alors les voici, une par une. Avec des chiffres. Et si vous en avez une que je n’ai pas traitée, écrivez-moi : cette page grandira avec vos critiques.

Sur l’argent

« Les riches vont partir. » Leur départ ne fermera pas une usine : leurs entreprises restent en France, leurs salariés aussi. Mais leurs impôts restent dus, sur ce qu’ils possèdent en France et sur leurs plus-values au moment de partir, dans les limites du droit européen. Pour aller plus loin : billet 4.

« C’est confiscatoire. » La Déclaration de 1789 fonde l’impôt sur les facultés de chacun (article 13). Aucune grande fortune ne se fait seule : la taxer, c’est restituer une part de ce que la collectivité a rendu possible. Et les taux les plus élevés passent par une révision de la Constitution, soumise au référendum. Au peuple de trancher. Billets 4 et 6.

« Et l’héritage de mes parents ? » Il est exonéré jusqu’à environ 300 000 euros reçus dans toute votre vie. La moitié des héritiers reçoivent moins de 70 000 euros. Pour l’immense majorité, l’héritage serait donc moins taxé qu’aujourd’hui. Billet 6.

« 58 % du PIB de prélèvements, c’est un record. » Oui. Je ne le cache pas. Mais la hausse porte d’abord sur le 1 % le plus doté, les grands groupes, la finance, les pollueurs et les hauts revenus. Les ménages modestes et moyens ne paient qu’une hausse progressive des cotisations retraite et, là où elle existe, la cotisation alimentaire, qui leur ouvre un droit de 150 euros par mois. Et une partie remplace des dépenses que les ménages paient déjà de leur poche : le soin, l’accompagnement des personnes âgées, le logement, l’alimentation. Chaque dépense nouvelle a sa recette. Billet 2.

« Vous allez tuer les PME. » J’ai fait le calcul. Sans correction, elles perdraient environ 10 milliards par an. Avec une hausse du Smic mesurée, un allègement renforcé pour les entreprises de moins de 50 salariés et les niches énergie maintenues pour les artisans et les paysans, le solde revient à l’équilibre ★. Sans compter la fin de la concurrence déloyale des grands groupes aidés sans condition. Billet 15.

« Si les fortunes fondent, qui paiera dans vingt ans ? » C’est voulu : un impôt sur la rente qui s’use en réussissant, c’est la preuve qu’il atteint son but. L’érosion est intégrée à mes calculs, et compensée par une CSG rendue progressive. Je ne compte pas sur les inégalités pour financer l’État. Billet 15.

Sur la dette

« On ne peut pas, on est endettés. » Dans le budget alternatif, la dette finit au même niveau que dans celui du gouvernement : environ 120 % du PIB en 2036. Et la charge des intérêts y est même un peu plus basse. La différence ? Ce qu’on finance. Billet 5.

« Les marchés vont sanctionner, comme au Royaume-Uni en 2022. » Liz Truss avait annoncé des baisses d’impôts non financées. Ici, c’est l’inverse : les recettes sont votées avant les dépenses, et une clause de revoyure ajuste chaque année. Billet 5.

« Bruxelles ne laissera pas faire. » Les règles européennes de 2024 permettent d’étaler l’ajustement sur sept ans, en échange de réformes et d’investissements, dont ceux de la transition écologique. C’est exactement ce que prévoit le budget alternatif. Billet 5.

« Les prélèvements exceptionnels ont toujours échoué. » Pas toujours. Et la contribution exceptionnelle n’est envisagée que comme un outil de crise, prêt à l’emploi, sur une base déjà déclarée chaque année. Le budget alternatif n’en a pas besoin pour stabiliser la dette. Billet 4.

Sur la société

« C’est la culture de l’excuse. » Comprendre, ce n’est pas excuser. C’est se donner les moyens d’agir. Chaque acte naît d’un entrecroisement de responsabilités : individuelle, oui, et collective aussi. Billet 9.

« Et la sécurité ? » La justice manque de moyens : 11,3 juges pour 100 000 habitants en France, contre 17,6 en médiane européenne. On pourrait lui donner 3 milliards de plus par an. La police, elle, ne manque pas d’équipements. Ce qui manque, c’est la prévention. Billet 9.

« Accueillir plus, alors qu’on ne loge déjà pas tout le monde ? » Justement : le budget porte le secteur commun du logement à 19 % des résidences principales en 2036 ★, et répartit l’accueil dans les territoires qui perdent des habitants et des services. Selon l’OCDE, la contribution budgétaire nette des immigrés est proche de l’équilibre dans la plupart des pays. Billets 12 et 14.

« Moins d’aides au troisième enfant, c’est punir les familles. » La mesure ne vaut que pour les naissances à partir de 2027. Chaque enfant né reste pleinement soutenu, et les familles modestes gardent le complément familial. Il ne s’agit pas de décourager. Il s’agit d’arrêter d’inciter. Billet 12.

« Qui paiera nos retraites ? » Des cotisations en hausse progressive, une CSG alignée pour les pensions les plus élevées, et l’immigration, qui rajeunit la population active. Billet 12.

Sur le modèle

« Une croissance à 0,5 %, vous allez appauvrir la France. » Le PIB compte les catastrophes comme de la richesse et ignore le soin. On pourrait viser une croissance sélective : plus de soin, d’école, de rénovation, de transports collectifs ; moins de fossiles et de jetable. Le niveau de vie réel peut monter quand le PIB stagne. Billet 11.

« Les communs, c’est tout nationaliser. » Non. Un commun n’est pas une question de propriétaire, mais de qui décide. Un service public devient un commun quand ses usagers et ceux qui le font vivre le gouvernent. Billet 14.

« Des droits pour une rivière ? C’est absurde. » Une multinationale a des droits. Et un fleuve, non ? La personnalité juridique est un outil de protection. Billet 13.

« C’est irréaliste. » Tout est chiffré, ligne par ligne, et chaque hypothèse est signalée par une étoile. Le budget du gouvernement repose lui aussi sur des hypothèses. La différence, c’est que les siennes sont régulièrement manquées. Ce qui est irréaliste, c’est de croire qu’on peut continuer comme ça. Et pour aller plus loin, ces chiffres devraient être modélisés par des économistes indépendants, à l’OFCE ou à l’Institut des politiques publiques, ou par ceux qui voudraient s’en saisir. Avis aux amateurs. Billet 2.

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